samedi 21 octobre 2017

Quand le Canadien se laisse faire


Carey Price
Carey Price (Source d'image:Getty)
Pendant une période, la deuxième, le Canadien avait des jambes. Il avait même des ailes tant il volait sur la patinoire du Honda Center. Il avait de l’énergie; du cœur à l’ouvrage.
Animé par une rage qu’on avait peu ou pas décelée lors des sept premières rencontres, le Canadien s’est même permis de tirer à 30 reprises sur la cage des Ducks d’Anaheim qui, décimés par les blessures, battaient de l’aile.

Trois problèmes :
- En dépit ses 30 tirs – un record d’équipe – le Canadien n’a marqué que deux fois permettant ainsi au jeune gardien John Gibson de réaliser un nouveau record pour les Ducks avec 28 arrêts au cours d’une seule et même période.
- Avant d’avoir outrageusement dominé la période médiane, le Canadien s’était fait déclasser dans tous les aspects du jeu en accordant deux buts sur 21 tirs. La réplique de Montréal : aucun but sur sept tirs seulement. Entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien a très bien résumé l’inertie de son club au premier vingt en lâchant : « On s’est laissé faire en première. »
- Après avoir outrageusement dominé le deuxième tiers, le Canadien, fidèle à ses habitudes, est ensuite disparu de la patinoire au cours de la troisième période, concédant trois buts en 97 secondes pour permettre aux Ducks de filer vers une victoire somme toute facile de 6-2.
Avec ces trois autres buts accordés aux Ducks en troisième période, le Canadien a maintenant été dominé 9-1 au dernier tiers en huit matchs. Difficile d’effectuer des remontées gagnantes, voire de simples remontées, dans ces circonstances.
Ou encore de protéger des avances.
Mais bon! Pour protéger des avances, il faudrait d’abord s’en offrir, ce que le Canadien n’a pas fait souvent cette année. Il l’a fait quatre fois en fait, dont deux fois au cours du même match contre Toronto au Centre Bell. Et chaque fois qu’il s’est offert une avance, le Canadien l’a échappée avant de s’incliner : contre Chicago, Toronto et Los Angeles.
Ce qui m’amène à me demander et à vous demander ceci : quel est le vrai visage du Canadien? Celui qu’il affichait en période médiane, ou celui qu’il avait lors des premières et dernières périodes?
Mes observations sur le match et le calvaire subi dans l’Ouest américain :
1 - Carey Price a besoin d’aide
2 - L’importance des mises en jeu
3 - Claude Julien a jonglé avec succès
4 - Beauchemin aurait certainement aidé le CH
Chiffre du match : -11
Le Canadien a non seulement été balayé en Californie, mais il a été éclipsé alors que les Sharks (5), les Kings (5) et les Ducks (6) – une chance qu’ils étaient décimés par les blessures – ont marqué un total de 16 buts alors que le Canadien s’est contenté de cinq pour un différentiel de moins-11.
Carey Price a besoin d’aide
Lorsque Chris Wagner a enfilé le troisième but en 97 secondes des Ducks en début de troisième période, le sixième du match, Carey Price a laissé sortir la frustration qui l’étouffait en fracassant son bâton sur le poteau droit du filet qu’il défendait.
Ou tentait de défendre, lanceront les détracteurs de plus en plus impatients de Price qui fait l’objet de critiques de plus en plus virulentes maintenant que la série de revers consécutifs est rendue à sept.
Carey Price a besoin d’aide. C’est clair. Il a besoin d’aide afin de retrouver son calme, son aplomb, sa technique et sa confiance qui intimide l’adversaire. Un adversaire qui ne semble plus intimidé du tout lorsqu’il s’avance vers celui qui est loin de jouer à la hauteur de son titre de l’un des meilleurs gardiens au monde.
Carey Price doit se retrouver. C’est clair. Et toute l’aide potentielle que lui offriront son épouse, leur fille, ses parents et amis, leurs chiens, son coach personnel Stéphane Waite, son psychologue sportif s’il en a un, ou une balade en forêt sera la bienvenue.
Mais Carey Price aura aussi besoin de l’aide de ses coéquipiers. Surtout de ses défenseurs qui n’ont rien fait pour aider sa cause vendredi soir. Du moins en première et en troisième périodes.
Karl Alzner s’est non seulement rendu coupable d’un affreux revirement devant le filet du Canadien au premier tiers, mais c’est lui qui a fait dévier la rondelle entre les jambes de son gardien sur le tir qui a suivi de quelques secondes sa remise aux Ducks. Comme quoi un malheur ne vient jamais seul.
Alzner a connu un match difficile vendredi. Du moins défensivement. Car à l’attaque, il a récolté une passe sur le premier but du Canadien. Le deuxième de la saison de Paul Byron. Le but qui a donné des ailes au Canadien en période médiane, avant qu’il ne repique du nez au dernier tiers.
Cela dit, si c’est une bonne nouvelle pour Alzner d’occuper le premier rang des passeurs du Tricolore avec quatre mentions d’assistance, est-ce qu’on peut être d’accord qu’il s’agit du même coup d’une très mauvaise nouvelle pour le Canadien que ce défenseur, surtout défensif, soit le meilleur passeur de l’équipe ET qu’il connaisse autant de difficultés autour de la cage de Carey Price
Alzner n’est pas le seul à en arracher.
Jeff Petry est méconnaissable cette année. La patience du coach a d’ailleurs atteint sa limite alors que Petry s’est retrouvé au sein du troisième duo en compagnie de Joe Morrow, cédant sa place à la droite de Karl Alzner à Jordie Benn.
Même le premier duo de Shea Weber et Victor Mete a eu les mains pleines vendredi. Surtout aux premier et dernier tiers.
Mete, qui a démontré une fois de plus, ses grandes habiletés et son grand calme avec la rondelle qu’il a bien distribuée, s’est fait souhaiter la bienvenue à Anaheim par Corey Perry qui l’a chassé de son passage d’une main avant de foncer vers le filet de Carey Price pour mener au sixième but des Ducks.
Pas question ici de pointer du doigt le jeune arrière de 19 ans. Encore moins de remettre en question la stratégie de le garder avec le grand club. Une stratégie qui serait d’ailleurs bien difficile de contester alors que personne d’autre que lui ne semble en mesure d’évoluer avec aisance et succès à la gauche de Weber.
Mais le fait que même le premier duo ait eu les mains pleines vendredi, à Anaheim, prouve à quel point la brigade défensive du Canadien peine à gagner des batailles devant, derrière et autour du filet, afin de donner un coup de main à son gardien qui doit toutefois lui aussi être bien meilleur.
L’importance des mises en jeu
Quand un club est fragile comme le Canadien l’est présentement, des petits riens ont de grosses conséquences. Et la plupart du temps, ces conséquences sont négatives.
On a déjà parlé du but qu’Alzner a orchestré et même marqué pour aider les Ducks à prendre les devants 2-0.
Mais sur le premier but, c’est une mise en jeu perdue en zone défensive par Jacob De La Rose qui a ouvert la porte au tir anodin qui a suivi, mais dont Dennis Rasmussen a profité pour faire dévier derrière Carey Price.
De La Rose, qui ne l’avait pas beaucoup hier, a perdu deux des sept mises en jeu qu’il a disputées. Pas surprenant qu’il ait effectué un total de 10 présences seulement sur la patinoire.
Les autres centres n’ont pas été meilleurs. Plekanec (9/20 = 35 %), Phillip Danault (9/26 = 35 %) et Jonathan Drouin (5/12 = 42 %) ont plus souvent laissé les Ducks amorcer les séquences en possession de la rondelle que le contraire. Rien pour aider la cause d’une équipe qui se cherche comme le Canadien.
En prime, la chance a souri aux Ducks alors qu’un tir raté – bâton fracassé – de Kevin Bieksa est devenu une passe parfaite dont Brandon Montour a profité pour décocher un tir frappé sur réception aussi vif que précis qui n’a donné aucune chance à Carey Price.
Ce but a coupé ce qui restait de souffle au Canadien. Quand il s’est retrouvé à nouveau en déficit deux buts, la question n’était plus de savoir si le Canadien allait encore perdre, mais bien par combien de buts il allait perdre.
On l’a vite su...
Claude Julien a jonglé avec succès
Malgré tout ce qui lui est arrivé de mal, vendredi soir, à Anaheim et de très mal au cours de sa virée en Californie, le Canadien aura au moins connu une bonne deuxième période contre Anaheim.
Une très bonne même.
Une période au cours de laquelle Claude Julien – j’imagine que tout ça a commencé par un monologue assez féroce dans le vestiaire au cours du premier entracte – a donné une poussée dans le dos de ses joueurs en remaniant ses trios.
Et bien que son club ait encore perdu, Julien a peut-être eu la main heureuse si l’on se fie aux succès de la deuxième période, sans pour autant se laisser abattre par le retour du balancier en troisième.
Séparé de Jonathan Drouin pour ensuite être confié à Phillip Danault, a repris vie. Non! Il n’a pas marqué. Du moins pas encore, mais avec ses 17 tirs tentés il a été beaucoup plus actif que lors des sept premières rencontres.
Le capitaine a encore été mou par moments. Il a provoqué au moins deux hors-jeu. Il a raté des passes. Il a été plus dominé que dominant.
Mais en cadrant 10 des 17 rondelles qu’il a tirées, Pacioretty s’est au moins donné la chance de marquer. À défaut de le faire pour vrai.
Avec Andrew Shaw sur le flanc, ce nouveau premier trio a été très bon.
Il faut dire que Shaw, qui avait amorcé la rencontre avec Paul Byron et Phillip Danault, a connu un match solide. Il a démontré de la hargne. Il a brassé l’adversaire. S’est fait brasser aussi. Il a donné le ton.
On n’a pas beaucoup vu Alex Galchenyuk. Pas assez. Il a encore écopé une pénalité dont l’adversaire a su profiter pour marquer.
Mais dans le cadre d’un match au cours duquel les joueurs du Canadien ont cadré 51 des 80 tirs qu’ils ont tentés, est-il normal que Galchenyuk ne revendique qu’un petit tir tenté?
Ma réponse est non! Surtout qu’il évoluait en compagnie de Jonathan Drouin et Artturi Lehkonen.
Mais bon, on va se consoler en spécifiant que Galchenyuk a au moins touché la cible.
Le toujours rapide et énergique Paul Byron a marqué le premier but du Canadien. Le moins rapide, mais toujours énergique Brendan Gallagher a ajouté l’autre. Si Byron et Gallagher sont moins jeunes que Hudon et Lehkonen qui ont fait rajeunir Tomas Plekanec au cours du camp d’entraînement, peut-être que Byron et Gallagher pour aider Plekanec a récolté des points de temps en temps.
Hudon? Il a tiré la mauvaise paille, car avec De La Rose confiné au banc en deuxième et troisième période et avec Ales Hemsky qui s’est retrouvé à l’infirmerie en raison de quelques solides coups d’épaule encaissés en première, il n’a effectué qu’un total de 15 présences totalisant moins de 10 minutes de jeu.
Mais bon. En jonglant avec ses trios, Claude Julien a coaché. Il a secoué son groupe. Son groupe a réagi. Au moins en période médiane.
«Mon niveau de frustration est très élevé en ce moment. On doit jouer 60 minutes comme on l’a fait durant les 20 minutes en deuxième. On vient de démontrer qu’on peut le faire. Qu’on est capable. Je suis aussi responsable des déboires que mes joueurs. Je dois trouver des solutions», a conclu Claude Julien qui rentre à Montréal samedi avec le reste de l’équipe.
Il sera intéressant de voir si le directeur général débarquera lui aussi à Montréal pour un rare week-end sans match au programme. Ou s’il mettra le cap sur d’autres villes de la LNH afin d’aller épier les autres clubs et qui sait se mettre à négocier directement afin de conclure une ou des transactions qui semblent de plus en plus nécessaires pour aider à relancer son équipe, avant qu’il ne soit trop tard ?
Car oui, il commence déjà à se faire tard.
Beauchemin aurait certainement aidé le CH
Petite question en terminant : est-ce que je suis le seul qui s’est demandé du début à la fin de la rencontre de vendredi pourquoi François Beauchemin endossait le chandail des Ducks et non celui du Canadien?
En regardant le défenseur québécois âgé de 37 ans enfiler les 34 présences de qualité qu’il a effectuées contre le Canadien, je n’ai pu m’empêcher de me dire qu’il aurait été bien plus utile autour de Carey Price que Mark Streit, Joe Morrow, Brandon Davidsson, Jeff Petry et peut-être même Karl Alzner.
Après avoir perdu Beauchemin au ballottage, le CH lui a tourné le dos une première fois lorsqu’il est devenu joueur autonome préférant miser sur Jaroslav Spacek.
La direction du tricolore lui a encore tourné le dos l’été dernier. Pour 1 million $, soit le salaire que lui verse les Ducks, Beauchemin aurait rapporté bien plus de dividendes, de robustesse, de leadership et d’enseignement aux jeunes, que Benn (1,1 million $ cette année et l’an prochain) que Brandon Davidson (1,425 million $) que David Schlemko (2,1 millions $ pour cette année et l’an prochain), que Joe Morrow (650 000 $) sans oublier Mark Streit dont le contrat de 700 000 $ a été racheté.
Il aurait offert un meilleur rapport qualité prix qu’Alzner (4,625 millions $ pour cette année en encore quatre ans ensuite) et Jeff Petry (5,5 millions $, cette année et encore trois ans).
Mais bon...

jeudi 19 octobre 2017

Le CH s’effondre et perd... encore!

Adrian Kempe (Source d'image:PC)

Images of Francois Gagnon
Après une période, tout allait bien. Vraiment. Chambardés par Claude Julien avant la rencontre, les quatre trios multipliaient les bonnes présences, les défenseurs arrivaient à contenir les gros attaquants des Kings et Al Montoya, en relève à Carey Price, faisait ce que tout gardien doit faire lorsqu’il se retrouve dans l’action : il donnait une chance bien réelle à son équipe de gagner. C’était d’ailleurs l’égalité 1-1 lorsque les deux clubs ont retraité au vestiaire pour le premier entracte.

En deuxième, le Canadien s’est essoufflé. Mais en s’accrochant, il a su éviter le pire.

En troisième, comme l’a si bien décrit l’entraîneur-chef Claude Julien dans son point de presse d’après-match : « On s’est écroulé. »

Et comment!

Comme s’il était aussi normal pour les Kings qui surfent sur le meilleur début de saison de leur histoire de dominer le Canadien qu’il est normal pour la crème de remonter au-dessus du petit lait, la meilleure équipe a su profiter des erreurs de la moins bonne pour mettre le match hors de portée avec quatre buts de suite pour l’emporter facilement 5-1.

Dans la situation navrante qu’il traverse, le Canadien avait d’abord et avant tout besoin de gagner. Peu importe que ce soit mérité ou non, que ce soit beau ou non, il se devait de gagner. Il a perdu un match qu’il devait gagner. Et le voilà à un revers d’un autre voyage blanc dans l’Ouest américain et du spectre d’un retour à Montréal dans la tempête et la tourmente alors que les partisans ne peuvent se souvenir d’un aussi mauvais début de saison.

« On a mieux joué ce soir, mais il y a encore place à amélioration », a conclu le coach qui pouvait difficilement faire une remarque contraire…

Mes observations du match de ce soir :

  1. Une erreur qui a tout changé
  2. Le travail : la seule combinaison gagnante
  3. Galchenyuk a bien répondu... malgré tout
  4. Mettez-en que Mete est bon
  5. Al Montoya a éteint le feu

Chiffre du match : 6-3-1. Cette combinaison est loin, très loin, de représenter un tiercé gagnant pour le Canadien. C’est en fait sa production totale de buts marqués en premières, deuxièmes et troisièmes périodes depuis le début de la saison. Comme vous le voyez, cette production fluctue à la baisse plus le match avance. Vrai que la production de ses adversaires baisse elle aussi au fil du match, mais parce qu’ils ont globalement marqué 12, 8 et 6 buts, on n’a pas à chercher bien loin pourquoi le Canadien est 8e et dernier dans la division Atlantique, 16e et dernier au classement dans l’Association Est et bon dernier également avec un différentiel de moins-16 après sept matchs seulement.

Une erreur qui a tout changé

Je déteste imputer le poids d’une défaite à un seul joueur et de l’expliquer à l’aide d’un seul jeu. Car le hockey demeure un sport d’équipe et les jeux se multiplient tellement au fil des 60 minutes qu’une erreur ici ou là peut être corrigée par un coup d’éclat là-bas.

Mais quand un club est aussi fragile que le Canadien l’est en ce début de saison, une erreur peut tout changer.

Et c’est ce qui est arrivé mercredi lorsque Jordie Benn a eu la vilaine idée de foncer en zone ennemie pour tenter – j’insiste vraiment sur le verbe tenter – de contrecarrer une sortie des Kings.

Si Jordie Benn était un patineur qui file comme le vent sur la glace, s’il était doté d’un sens du hockey flirtant avec un sixième sens, qu’il avait une vision périphérique à la Wayne Gretzky, j’aurais pu comprendre qu’il décide de prendre une telle chance. Et encore.

Mais Benn, qui est lent comme une tortue, qui jongle avec la rondelle comme vous en moi jonglerions avec une grenade dégoupillée, est loin d’avoir un sens du hockey propre à un sixième sens. Très loin. Il l’a d’ailleurs prouvé en se lançant corps et âme en zone ennemie alors que son partenaire de travail du moment, Karl Alzer – qui n’est pas rapide lui non plus – était déjà en fond de territoire des Kings.

Vilaine idée de Benn vous dites? Grossière idée que je réponds!

Car à ce moment du match – mi-chemin en troisième période – alors que le Canadien s’accrochait à l’égalité de 1-1, les joueurs du Tricolore n’avaient pas le droit de commettre une bourde aussi gigantesque. Les Kings, qui n’en demandaient pas tant, ont profité d’une descente à deux contre Charles Hudon venu en relève aux deux arrières perdus dans l’espace pour marquer le but qui brisait l’égalité et qui a brisé les reins du Canadien. Qui lui a scié les jambes. Qui a dégonflé sa confiance. À tout le moins le peu de confiance dont il disposait.


Résultat : ce but a fait débarquer la chaîne qui s’est cassée pas longtemps après alors que les décisions douteuses multipliées par les joueurs de Claude Julien ont souri aux joueurs de John Stevens.

« On était dans le match. On avait obtenu beaucoup d’occasions de marquer. Mais de pauvres décisions et des prises de risque inutiles ont tout changé. On s’est ensuite effondrés », a convenu l’entraîneur-chef du Canadien.

Que faisait Benn au sein de la formation au lendemain de son retrait de l’alignement à San Jose?  Honnêtement, à titre de « bon vétéran » Benn ne pouvait prolonger son séjour sur la galerie de presse. Mais si je suis d’accord avec l’idée de le ramener au sein de la formation, je le suis beaucoup moins d’avoir gardé Joe Morrow en uniforme plutôt que Brandon Davidson.

Le travail : la seule combinaison gagnante

Claude Julien a pris une décision nécessaire en modifiant ses trios avant le match face aux Kings. On peut remettre en question certaines des permutations effectuées considérant qu’Ales Hemsky s’est retrouvé promu à la droite de Plekanec et Lehkonen alors que Gallagher et Hudon ont été relégués au quatrième trio avec Jacob De La Rose.

Gallagher et Hudon n’ont pas reçu de cadeau dans le cadre de ce remue-ménage. C’est clair.

Mais cette refonte des trios m’a surtout donné comme impression que l’état-major tenait à équilibrer les forces – ou les faiblesses – tout en insistant sur le fait que les numéros 1-2-3-4 étaient beaucoup moins importants que la qualité du travail et de l’effort déployés sur la patinoire.

Quand un club compte sur quatre trios qui travaillent, ses chances de marquer des buts ou du moins d’en marquer un de plus que l’adversaire – c’est encore de cette façon qu’on gagne au hockey faudrait peut-être le rappeler au CH – sont meilleures à défaut d’être bonnes.

Avec De La Rose entre eux, Gallagher et Galchenyuk ont travaillé. Beaucoup et bien. C’est pour cette raison qu’ils ont pu bourdonner autour de Jonathan Quick et qu’ils ont pu créer quelques bonnes occasions de marquer… sans y arriver.

Même chose pour le trio de Danault qui, complété par Paul Byron et Andrew Shaw, a non seulement donné au Canadien son seul but du match – c’est la troisième fois que le Tricolore marque le premier but de la rencontre, mais il n’a pas encore gagné (0-2-1) dans ces circonstances –, mais a peut-être été le meilleur trio du club.

Claude Julien a d’ailleurs indiqué que « les trios de Danault et De La Rose, avaient fait leur travail ».

Est-ce à dire que les deux autres ne l’ont pas fait? Ou pas assez? C’est la conclusion sur laquelle je saute à pieds joints.

Tomas Plekanec a été solide aux cercles des mises en jeu avec une efficacité renversante de 74 % (14 en 18), mais pour le reste son trio n’a rien cassé.

Que diable faisait Ales Hemsky au sein de ce trio? Bonne question. Je crois que l’état-major a décidé de miser sur une possible chimie entre les deux Tchèques, mais qu’il a surtout placé Hemsky, qui est loin de donner raison au Canadien de l’avoir embauché l’été dernier, dans une situation où ses compagnons de trio pourront lui servir de filet de sécurité.

Quant au premier trio, disons que Pacioretty et Drouin se sont encore cherchés sur la patinoire. Trop même. Le capitaine qui, comme l’an dernier, ne revendique qu’un but après sept matchs – il n’en revendique qu’un à ses 23 dernières parties si on ajoute aux matchs disputés cette saison, les six de séries éliminatoires contre les Rangers et les 10 dernières rencontres de saison régulière – n’est visiblement pas dans son assiette.

Claude Julien l’a d’ailleurs reconnu en indiquant ensuite que Pacioretty « doit trouver une façon de secouer sa torpeur. De ne pas attendre que les choses se replacent d’elles-mêmes. »

Galchenyuk a bien répondu... malgré tout

Après Gallagher, Lehkonen et Hemsky à quelques occasions, c’est finalement Alex Galchenyuk qui a amorcé la rencontre au sein du gros trio en compagnie de Drouin et Pacioretty.

Le fait que Galchenyuk soit demeuré au sein de ce trio confirme que le jeune américain qui se cherche cette année autant qu’il se cherchait après son retour au jeu en marge d’une blessure à un genou, l’an dernier, a disputé un bon match mercredi.

Non il n’a pas marqué. Mais il a été impliqué. Comme quelqu’un me l’a souligné sur Twitter pendant la rencontre, il semblait se dégêner.

Tant mieux.

Galchenyuk a démontré de belles choses hier. Il a bien réagi à la promotion qui l’attendait dans le vestiaire à son arrivée au Staple Center. Il a travaillé et patiné. Il s’est débattu. Il aurait pu décocher quelques tirs de meilleure qualité, mais les choses viendront certainement dans son cas.

Et les pénalités qu’il a écopées? Deux pénalités dont la deuxième pour coup de bâton – une décision sévère des officiels – qui ont fait mal au Tricolore car c’est lors de son deuxième séjour au cachot que Mike Cammalleri a nivelé les chances en fin de premier tiers.

Si je commence à me demander moi aussi si une réelle chimie peut s’installer entre Drouin et Pacioretty, et à me questionner sur le bien-fondé de faire jouer le capitaine en compagnie de Drouin, je me demande en même temps, si l’état-major ne devrait pas prolonger l’expérience de Drouin avec Galchenyuk sur sa droite et un autre candidat à la place de Pacioretty.

Vous savez déjà que je vois Galchenyuk sur le flanc droit. Avec Drouin qui peut plus facilement compléter des passes sur la droite que sur le flanc gauche, peut-être que Galchenyuk recevrait ainsi de bien meilleures et de bien plus nombreuses passes pour profiter de bonnes occasions de marquer.

On verra si les prochains jours nous aideront à définir la valeur du mot peut-être...

Mettez-en que Mete est bon

On le savait bon. Même très bon. Mais Victor Mete joue avec tellement d’aisance et d’assurance après ses sept premiers matchs dans la LNH, qu’il serait bien surprenant que le Canadien décide de le renvoyer dans les juniors avant la barre des 10 matchs.

Considérant que Mete occupe, et très bien à part ça, le rôle de deuxième défenseur à la gauche de Shea Weber, il serait non surprenant de voir Mete mettre le cap sur Windsor, mais il serait surtout ridicule de se passer de ses services et de le remplacer par un arrière moins talentueux qu’il ne l’est déjà.

Mete a obtenu une promotion en étant envoyé au sein de la première vague d’attaque massive. Une preuve que la direction a une confiance absolue en lui.

Mercredi, après que Shea Weber eut été pris à contrepieds en zone des Kings, Mete s’est dressé en défense pour faire avorter une dangereuse descente à deux contre un.

Ce jeu, aussi bon fût-il, ne l’assure pas encore d’une longue et fructueuse carrière dans la LNH. Mais il devrait l’assurer de franchir la barre des 10 matchs – un joueur peut alors être retourné à son club junior sans que son séjour dans la LNH ne soit pris en considération sur son contrat d’entrée – et peut-être aussi d’une place avec le grand club au-delà le championnat mondial junior.

Surtout si l’absence de David Schlemko – il a été opéré à un pouce – se prolonge.

Pas question de souhaiter du malheur à Schlemko ou au Canadien. Mais lorsque Sheldon Souray s’est fait opérer il y a plusieurs années pour guérir une fracture à un pouce – le genre de blessure dont semble souffrir Schlemko – son absence a été interminable en raison des nombreuses rechutes qui ont suivi la délicate intervention.

Al Montoya a éteint le feu

Même s’il était impératif de gagner à Los Angeles, mercredi, le Canadien a maintenu sa décision de soustraire Carey Price aux séquences de deux matchs en deux soirs.

C’est donc Al Montoya qui a affronté les Kings, mais le Canadien a perdu. Quand même.

Ce n’est pas la faute à Montoya si le Canadien a perdu. Loin de là. En bon adjoint qu’il est, Montoya a d’ailleurs effectué du très bon travail. Avant que le ciel de Los Angeles et les Kings ne lui tombent sur la tête avec leur poussée de quatre buts en fin de troisième, Montoya avait d’ailleurs mieux fait que son « patron et coéquipier » en n’accordant pas de mauvais but.

Montoya a fait son travail. Grand bien lui fasse.

Mais même si plusieurs partisans semblent déjà prêts à échanger Price, il faut que le Canadien lui redonne son filet dès vendredi à Anaheim et qu’il le lui redonne encore la semaine prochaine lors des visites successives des Panthers, des Kings et des Rangers au Centre Bell.

Price n’est pas à la hauteur de sa réputation depuis le début de la saison. C’est vrai. Mais c’est avec lui devant le but que le Canadien doit se sortir du merdier dans lequel il ne peut plus se permettre d’enfoncer davantage maintenant qu’il ne revendique qu’une victoire et trois maigres points après sept parties.

Al Montoya a éteint le feu. Bravo! Il faut maintenant que Price s’assure de rallumer la flamme qui relancera son équipe. Et c’est devant son filet en multipliant les arrêts qu’il y arrivera. Pas en regardant travailler Al Montoya.

dimanche 15 octobre 2017

Carey Price a ses torts et il l'avoue


AFP

Pierre Durocher
Le Canadien avait habitué ses partisans à des départs canon ces dernières saisons. Le dernier faux départ remonte à la saison 2011-2012, lorsque l’équipe avait amorcé la campagne avec une fiche de 1-5-2 pour la terminer au 15e et dernier rang du classement dans l’Est.
Vous vous souvenez d’Erik Cole? Il avait été le meilleur franc-tireur de l’équipe avec 35 buts en 2011-2012. Cole ne joue même plus au hockey!
Je ne pense pas que le Canadien nous réserve ce genre de saison, même s’il ne compte qu’une seule victoire à sa fiche après cinq matchs (1-3-1). Sauf que l’équipe de Claude Julien vient se compliquer l’existence en perdant ses deux matchs à domicile avant d’amorcer un voyage dans l’Ouest américain, où il n’a jamais été facile pour le Canadien de récolter des points.
L’équipe a disputé un bon match dans l’ensemble face aux Maple Leafs, dominant 34 à 22 au chapitre des tirs au but. Mais en prolongation, je vais toujours parier sur un club qui mise sur des joueurs comme Auston Matthews et William Nylander...
En ce samedi soir, Alex Galchenyuk et Jonathan Drouin ont enfin brisé la glace en comptant leur premier but de la saison (Drouin en a réussi un à Buffalo mais c’était dans une situation de tirs de barrage). Pour espérer tourner le coin, le Canadien devra obtenir un meilleur rendement de la part de joueurs clés comme Carey Price, Max Pacioretty et Shea Weber.
On aime écrire qu’un club est aussi bon que ses meilleurs éléments peuvent l’être et Price n’a été bon que lors du tout premier match à Buffalo. Le même soir où Pacioretty a inscrit son unique but de la campagne...
Il y a des rondelles que Price aurait pu arrêter lors de ces cinq premières rencontres. Un gardien comme lui ne peut pas s’afficher avec un piètre taux d’efficacité de ,885. Price a ses torts et il a admis ses péchés devant les journalistes après cette défaite de 4 à 3.
Le cas Galchenyuk
C’est toutefois le cas de Galchenyuk qui continue d’alimenter les conversations. Les amateurs aimeraient comprendre comment un jeune attaquant aussi talentueux peut moisir au sein d’un quatrième trio.
Le puissant tir des poignets qui a permis à Galchenyuk d’inscrire le deuxième but du Canadien, le premier en supériorité numérique, n’était pas celui d’un joueur de quatrième trio, n’en déplaise aux dirigeants du CH. C’était celui d’un véritable marqueur.
Bien sûr que Galchenyuk a ses torts, qu’il a tendance à tourner en rond sur la glace et à ne pas fournir un effort constant. Je suis toutefois de ceux qui trouvent que, dans une situation où l’attaque du Tricolore est en quête d’une meilleure production, le numéro 27 mérite mieux qu’une place au sein du quatrième trio aux côtés d’Ales Hemsky et de Jacob De La Rose.
J’ai croisé le légendaire Guy Lapointe après la première période, au salon des Anciens. «Quel superbe tir de Galchenyuk! Il devrait l’utiliser chaque fois qu’il en a la chance. Il devrait se montrer un peu plus égoïste.»
Je lui ai répondu que les chances de marquer sont rares au sein d’une quatrième ligne d’attaque...
Le Canadien a encaissé un quatrième défaite consécutive, mais Claude Julien a aimé ce qu’il a vu de sa troupe.
«On s’en va dans la bonne direction, a-t-il commencé par dire lors de son point de presse. On en a assez fait pour récolter la victoire. On aurait eu besoin d’un peu de chance. C’est toutefois à nous de la créer. Il ne faut pas se décourager.»
Partisans du Canadien, ayez la foi! :)